Escroquerie à la rénovation : 1,1 million d’euros disparaît dans un flou judiciaire
Le tribunal correctionnel de Saintes a dû renvoyer une affaire d’escroquerie présumée d’une ampleur considérable. Trois prévenus comparaissaient pour avoir orchestré un système de fraude aux aides publiques à la rénovation énergétique. Les faits reprochés portent sur un préjudice estimé à plus d’un million d’euros.
Un système frauduleux autour de MaPrimeRénov’
Le mécanisme mis en place reposait sur l’utilisation de faux devis destinés à bénéficier indûment du dispositif MaPrimeRénov’. Les dossiers présentés à l’Anah mentionnaient des artisans certifiés RGE, mais les chantiers étaient réalisés par d’autres professionnels non qualifiés.
L’écart entre le montant des remboursements obtenus et le coût réel des travaux constituait la source d’enrichissement des prévenus. Selon les éléments du dossier, certains chantiers auraient généré jusqu’à 47 000 euros de bénéfices nets.
Une cinquantaine de victimes recensées
Près de cinquante personnes se retrouvent indirectement lésées par ce système. Si certains clients se déclarent satisfaits des travaux effectués, d’autres dénoncent des prestations bâclées et des promesses non tenues.
Parmi les témoignages recueillis, Dylan Bourreau et Mélissa Lacour décrivent une expérience désastreuse. Pourtant, ils reconnaissent avoir été totalement dupés : « Elle nous a tous bernés, elle était calée. Elle était géniale. »
Trois prévenus qui nient toute implication
La principale mise en cause est une femme de 38 ans, mère de famille, à la tête de plusieurs entreprises. Face aux accusations, elle conteste l’ensemble des faits reprochés et réfute catégoriquement plusieurs chefs de prévention.
Deux hommes, âgés de 38 et 41 ans, tous deux ex-concubins de la prévenue principale, comparaissaient également. Ils rejettent toute participation active dans le dispositif frauduleux.
L’un d’eux avance même avoir agi sous l’emprise psychologique de la femme poursuivie, cherchant ainsi à minimiser sa responsabilité dans l’affaire.
Un dossier renvoyé faute de preuves suffisantes
Malgré l’ampleur des sommes en jeu, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire. Les responsabilités pénales de chacun n’ont pas pu être clairement établies lors de cette audience.
Le report de la procédure pourrait prendre entre 3 et 4 ans, prolongeant ainsi l’attente des victimes. À ce jour, les fonds détournés n’ont toujours pas été retrouvés ni récupérés.
Cette décision laisse en suspens de nombreuses questions sur la destination finale du 1,1 million d’euros présumément détournés de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat.

